19ᵉ Journée de la Logistique du CLSO

14 Oct 2026 | Actualités

Le 8 octobre, le Club Logistique du Sud-Ouest réunissait les professionnels au cinéma Pathé de Labège autour du thème « La logistique de demain : innover, connecter, décarboner ». TENLOG revient sur les solutions présentées et leurs perspectives pour les entreprises et les territoires.

Transport maritime, fret fluvial, drones médicaux, hydrogène ou production de froid : la journée a montré la diversité des leviers disponibles. Leur déploiement demande de relier les innovations aux besoins des utilisateurs, aux infrastructures et aux réalités économiques.

Choisir les solutions à partir des usages

L’ADEME a ouvert les échanges sur la transition du transport de marchandises. Optimisation des flux, report modal et évolution des motorisations doivent être envisagés ensemble. Les outils d’aide à la décision, comme Verdir ma flotte, permettent d’éclairer les choix en fonction des usages et des contraintes d’exploitation.

Kepplair et Water Horizon face aux enjeux climatiques

David Joubert, président de Kepplair Evolution, a présenté le KEPPLAIR 72, bombardier d’eau multirôle issu de la conversion d’un ATR 72. Le projet répond au besoin croissant de moyens aériens de lutte contre les incendies. Water Horizon a, de son côté, abordé le froid bas carbone, un enjeu pour les entrepôts, l’agroalimentaire et la santé, alors que les besoins de refroidissement augmentent.

 

 

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Barcelone et Maersk relient maritime et transport terrestre

L’intervention de Nathalie Thomas, pour le port de Barcelone, et de Tytti Luc, pour Maersk, a souligné l’importance de décarboner toute la chaîne logistique. L’évolution des navires doit s’accompagner d’investissements dans les ports et de solutions adaptées pour les pré et post-acheminements.

Pour les entreprises d’Occitanie, Barcelone offre une ouverture maritime complémentaire, grâce à sa proximité et à ses connexions ferroviaires avec le sud de la France. L’articulation entre rail, route et services portuaires constitue un levier pour développer le transport combiné.

Grain de Sail mise sur la propulsion vélique

Après le changement d’horaire intervenu dans le programme, Grain de Sail a présenté sa démarche dans l’après-midi. Monzerrat Girgis a illustré le recours à la force du vent pour transporter des marchandises par mer. Cette approche montre comment la propulsion vélique peut trouver sa place dans une offre commerciale de transport maritime.

Long de 52 mètres, le voilier-cargo Grain de Sail II peut transporter jusqu’à 350 tonnes de marchandises. Grâce à la propulsion vélique, l’entreprise annonce une réduction de plus de 90 % des émissions de CO₂ par rapport au transport maritime conventionnel.

Les drones médicaux ouvrent de nouvelles liaisons

Amine Karray, directeur général d’Innov’ATM, a présenté DroneMed et les usages du drone dans la logistique de santé, notamment à travers un projet en Ariège. Le transport médical illustre un usage ciblé de cette technologie, pour relier des établissements et acheminer des produits de santé.

Les performances évoquées associent une vitesse de croisière d’environ 110 km/h et la possibilité de superviser plusieurs lignes. La météo reste cependant une contrainte importante : ce mode doit s’inscrire dans une organisation assurant la continuité des acheminements.

L’hydrogène se structure à l’échelle régionale

Benjamin Fèvre, d’AD’OCC, a présenté les expérimentations de camions à hydrogène et le Corridor H2 Occitanie. Les chiffres exposés annoncent 110 millions d’euros d’investissements, une capacité annuelle de production par électrolyse de 3 500 tonnes et neuf stations prévues, dont cinq présentées comme opérationnelles à la date de l’événement.

Ces éléments rappellent qu’une nouvelle motorisation suppose de développer simultanément les véhicules, la production d’énergie et les infrastructures d’avitaillement.

Le fluvial et la cyclologistique au service de Toulouse

Jean Salvignol, pour Toulouse Métropole, et Manuel Lux, pour VNF, ont présenté les atouts du fret fluvial. À Toulouse, River Connect illustre la complémentarité entre transport sur l’eau et livraison du dernier kilomètre.

Le schéma présenté associe une propulsion électrique sur batterie, le transport de marchandises palettisées et une desserte finale en cyclologistique. Il prévoit également l’évacuation de biodéchets au retour. L’intérêt repose sur l’organisation de l’ensemble du circuit, pour répondre aux besoins d’approvisionnement du centre-ville et valoriser les trajets retour.

L’Aranui 5 relie logistique insulaire et découverte de la Polynésie

  Jean-Michel Capo et Jean-Luc Maurat ont proposé une immersion dans la logistique des îles Marquises à travers l’exemple de l’Aranui 5. Exploité par la Compagnie Polynésienne de Transport Maritime (CPTM), sous la marque Aranui Cruises, ce cargo mixte associe transport de marchandises et accueil de voyageurs. Il assure une liaison essentielle entre Papeete et les Marquises : ravitaillement des populations, acheminement des équipements et transport des productions locales, notamment le coprah. Au-delà de sa dimension touristique, il contribue au désenclavement et à l’activité économique de territoires éloignés, où la régularité des dessertes maritimes est déterminante.

Le CLSO avait également réservé une belle surprise aux participants : un spectacle de danses tahitiennes accompagné de musiciens, qui a fait entrer la culture polynésienne sur la scène du cinéma de Labège. Une parenthèse chaleureuse, en écho à cette présentation des liens entre transport, territoires et habitants.

Décarboner les flux en tenant compte des réalités du terrain

Cette journée du CLSO rappelle que la décarbonation exige une réflexion sur l’ensemble de la chaîne logistique, depuis l’organisation des flux jusqu’à la livraison finale. Le report modal constitue un levier concret, à condition de proposer aux entreprises des services répondant à leurs exigences de coût, de délai et de fiabilité. Les innovations doivent également être évaluées au regard de leur disponibilité réelle, des infrastructures nécessaires et des contraintes d’exploitation.

Pour TENLOG, ces enseignements renforcent l’importance d’accompagner les acteurs d’Occitanie vers des choix adaptés à leurs besoins et durables dans leur fonctionnement.